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Le bio en Nord – Pas-de-Calais (1) : un retard chronique

DailyUne | Dossier | Réflexions Par | 20 septembre 2009

Les spécialistes le reconnaissent sans peine. Depuis des années, le Nord – Pas-de-Calais est à la traîne dans le monde du bio. Tout le bio ? Non, le nombre d’agriculteurs qui cultivent des parcelles ou élèvent des bêtes selon les standards du genre. Alors que les points de vente continuent à se développer… Analyse des faits avec deux acteurs du secteur, le GABNOR pour le côté agricole, APROBIO pour la filière producteur-consommateur.

[singlepic id=506 w=320 h=240 float=right]Environ 150 fermes biologiques dans le Nord – Pas-de-Calais. Pas de quoi pavoiser dans une région qui compte plus de 4 millions d’habitants et qui possède  de nombreuses terres cultivables (la Fédération régionale des syndicats d’exploitations agricoles annonce 15 000 exploitations). D’ailleurs, Sébastien Labrune, responsable du GABNOR (Groupement des agriculteurs biologiques du Nord – Pas-de-Calais, soit 90% des agriculteurs bio de la région) ne s’en cache pas : notre contrée est bel et bien à la traîne : « Comme la plupart des régions au nord de Paris d’ailleurs : l’Ile-de-France, la Picardie, la Normandie et la Champagne-Ardennes sont dans le même cas… » Le futile bio préférerait-il le soleil ? Le responsable du GABNOR est plus terre à terre : « Nous sommes dans une région où les systèmes agricoles à base d’engrais et de produits chimiques sont assez forts. De plus, il y a de nombreux liens avec l’industrie agroalimentaire. Ce sont des freins pour passer à des systèmes bio. »

Dans la moyenne nationale quand même

Que l’on se rassure quand même avant de crier au loup, si le Nord – Pas-de-Calais n’est pas encore l’eldorado des producteurs bio, la courbe régionale suit la nationale. Depuis les années 2 000. « C’est juste un retard structurel. » Preuve donnée par le GABNOR de cette conversion progressive des agriculteurs bio, les fermes laitières : le groupement en dénombrait 30, 15 nouvelles viennent de rejoindre le réseau ces derniers mois. 33%, on a vu pire. Comme le nombre de terres et les producteurs qui s’installent : « 800 ha de plus et 25 producteurs par rapport à l’année dernière. »

Il faut dire que le marché est porteur. Depuis plusieurs années, le marché du bio connaît une augmentation à deux chiffres. 10% en France, la même chose dans la région, selon APROBIO (Association pour le promotion de l’agriculture biologique), autre structure régionale qui, elle, se charge de toute la filière du producteur au consommateur. « La région suit le mouvement, nous avons les mêmes consommateurs qu’ailleurs, confirme Céline Lecoeur, chargée de mission dans la structure. On le voit avec le nombre de magasins qui augmente peu à peu (de 82 en 2007 à 90 en 2008). Idem pour la vente directe qui continue. Pas mal d’AMAP (des associations d’achat direct au producteur) continuent à s’implanter. » D’autant que le bio pousse aussi dans le système éducatif avec les cantines qui se convertissent peu à peu. 581 000 repas avec des ingrédients naturels en 2007. 1 500 000 en 2008, soit 3 fois plus. « Les repas ne sont pas tous forcément bio, mais il y a au moins un produit et une introduction régulière dans la restauration collective. »

Le marché général doit encore s’adapter

Paradoxal, donc ce déséquilibre entre production insuffisante et vente en essor. Alors qu’on entend souvent qu’un producteur gagne au moins autant qu’un de ses confrères dans une agriculture conventionnelle ? Sébastien Labrune met en cause la manière de fonctionner des grossistes et du marché en général qui n’incite pas encore à des vagues de conversion : « Il ne faut pas qu’ils viennent nous voir pour nous dire, on a besoin  de ça, des mini-légumes tout de suite par exemple. Le marché bio est plus long, on ne fonctionne pas de la même façon. » En attendant que la politique s’en mêle : un Plan Bio doit être débattu lors de la dernière législature d’octobre au Conseil régional. « On espère que ça va être accepté pour continuer notre travail… Sinon, ça risque d’être encore long… »

Les Portes ouvertes de la Bio ont lieu dans la région ce week-end (26 et 27 septembre). Plus d’infos au  03.20.31.57.97 ou à celine.lecoeur@aprobio.fr.
L’intégralité de notre série :
Le bio en Nord – Pas-de-Calais (1) : un retard chronique

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