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DailyUne | Petite histoire Par | 23H00 | 24 septembre 2009

Expatrié en terre Ch’ti : acclimatation sans douleur

Tout le monde n’a pas eu la chance de naître ch’ti. Qu’on se console, on peut aussi le devenir. Est-ce douloureux? Même pas. Comme on avait un expatrié breton sous la main, on lui a demandé s’il s’était acclimaté à nos latitudes septentrionales un an et quelque après son installation. Eh bien, vous n’allez pas le croire, notre Breton se plait à Lille ! Simple témoignage, mais c’est l’occasion de coller du plomb dans l’aile à ces fichus clichés.

Breton. Autant dire qu’au rayon clichés, Thomas (c’est son nom à notre expat’) en connaît un sacré rayon. Alcool, pluie, autochtones bruts de décoffrage, re-pluie… Tiens, ça me rappelle quelque chose… Y’a pas à dire, la Bretagne est loin d’être épargnée. « Les clichés, je m’en méfie », sourit Thomas. Oui, mais difficile de leur échapper totalement quand ils collent d’aussi près à une région comme la nôtre. D’autant qu’avant son arrivée sous nos cieux en avril 2008, notre Breton avait un aperçu de la région guère éloquent : un bref séjour à Calais (désolé pour les Calaisiens, mais faut reconnaître que c’est pas ce que la région a fait de mieux), et une soirée de transit en gare de Lille Flandres… un dimanche soir de braderie (sic). Expérience traumatisante. « En revenant de Belgique, j’avais une correspondance à Lille. Il y avait des gars par terre, des gens partout, c’était sale, je trouvais ça flippant. » Vision d’apocalypse. Mouais, pas les conditions idéales pour une première approche.

Cette terre n’attire pas…

Dieu merci, notre Breton ne s’arrête pas à ça. Alors au gré des opportunités professionnelles, le voilà débarquant sous nos latitudes septentrionales. Avec femme et bagages. « Lorsque j’ai annoncé ça à mon épouse, elle n’était pas forcément enthousiasmée. » Avril 2008. En pleine furie Bienvenue chez les Ch’tis. Son maroilles baigné dans le café, son coron germinalesque et son dialecte. Forcément, le couple a vu le film. Pas comme un documentaire, on se rassure, juste à des fins ludiques. Mais bon, la caricature laisse quand même des traces. « Ça a renforcé encore les clichés. Un nord un peu gris -même si je savais qu’il ne faisait pas – 40°-, une population pauvre, une terre industrielle, l’accent… On habitait alors dans l’est (à Nancy, ndlr), on s’est dit qu’on allait en baver.  »

… mais elle sait retenir

Ok, on a compris, on a saisi l’état d’esprit à l’arrivée. Bon, et maintenant ? « La météo d’abord, ce n’est pas si catastrophique. Et puis, on a pu s’installer trouver une maison pour un prix raisonnable et ça, ce n’est pas donné dans toutes les régions. » Et les autres clichés ? « La pauvreté est bien là. On sent que la région en a bavé. L’accueil des gens, ça aussi c’est vrai. Nous avons de la famille qui vient régulièrement, elle le dit également: tu ne trouves pas ça ailleurs. » Et pour l’alcoolisme ? “Je viens de Bretagne”, rappelle-t-il. Forcément, on va croire que le journaliste déterminé a soudoyé notre Breton. Même pas. Non, Thomas aime décidément bien Lille. « C’est une ville énorme à dimension humaine », « une ville qui bouge tout le temps ». Mieux que Rennes, Bordeaux, Paris ou Nancy par lesquelles il est passé avant. « La plus agréable à vivre. » (On ne s’en lasse pas). Là, le journaliste est conquis. Bon, y’a bien quelques petits trucs dont notre Breton se passerait allègrement (“Ce culte de la voiture” voué par l’homo nordicus, par exemple) mais dans l’ensemble, l’intégration est plutôt réussie. Alors notre Breton serait-il devenu un Ch’ti ? Un vrai de vrai qui prend les armes lorsque certains ont l’outrecuidance d’émettre une critique ? “Bien sûr que je défends la région, quand quelqu’un en parle! Ma fille est Ch’ti, elle est née ici.” D’ailleurs si il reconnaît, qu’au départ, il venait plus dans l’esprit de rester « trois ou quatre ans », aujourd’hui, il ne pose plus de limite. Converti alors ? Pas tout à fait encore. « Je ne me vois tout de même pas finir ici, je suis trop loin de la mer. » Question de temps…

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