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Le bio en Nord – Pas-de-Calais (3) : la profession de foi du maraîcher

DailyUne | Dossier Par | 23 septembre 2009

Portrait d’un nouvel acteur du bio régional en cette semaine spéciale sur DailyNord. Cette fois-ci, nous nous arrêtons à La Motte-au-Bois, près d’Hazebrouck. L’ancien vendeur dans un magasin de sports, Philippe Tassez, pratique le maraîchage biologique depuis dix ans.  Une activité économique, mais aussi un vrai art de vivre pour cet agriculteur.

[singlepic id=507 w=320 h=240 float=left]« Il y a dix ans ? Sur le marché de Dunkerque, les voisins me prenaient pour un rigolo. » 1999 a du plomb dans l’aile et Philippe Tassez esquisse un sourire dans son « jardin » de La Motte-au-Bois. Un coup d’œil vers le cabanon qui sert pour la vente directe, il reprend. « Il y en a notamment un qui était très sceptique sur ce marché. Maintenant, quand il voit qu’il y a la queue chez moi et personne chez lui, oui, ça me fait sourire. »

Après un licenciement, il se lance dans le bio

Philippe Tassez. 42 ans. Profession actuelle : maraîcher à La Motte-au-Bois (près d’Hazebrouck). Profession un peu plus de dix ans auparavant : vendeur dans un magasin de sports. A l’instar de plusieurs de ses collègues du bio en Nord – Pas-de-Calais, le quadragénaire n’est donc pas un agriculteur conventionnel en reconversion biologique : « A l’époque, j’ai été licencié. Je cultivais un petit jardinet bio pour moi. Comme j’avais toujours eu cette idée dans la tête de vendre des produits sains, je me suis lancé ». Avec les avantages et inconvénients d’une telle activité : « J’ai une grande fierté en me levant le matin de ne pas polluer la planète et d’être libre. Je respecte la biodiversité, on se partage la nature. En revanche, parfois, c’est vrai, c’est dur. Tu n’utilises rien, pas de pesticides, pas de désherbants par exemple. Donc, quand tu désherbes entre les cultures à quatre pattes… Alors, quand je vois les dernières incitations nationales et régionales en faveur de l’agriculture bio, je suis bien sûr content. Mais si on gagne mieux notre vie car la demande est forte, il ne faut pas venir au bio que pour les primes : il faut aimer ce que l’on fait et y croire. »

Les gens se lassent des paniers

Y croire pour que ça marche. Ce qui est le cas de Philippe Tassez. Son exploitation ne fait que trois hectares [singlepic id=508 w=320 h=240 float=right](deux réservés aux légumes pleine terre, 2 500 m2 pour les serres), il travaille avec son épouse, Laurence, et a dû embaucher une personne pour l’aider à la vente, ainsi qu’un salarié à mi-temps pour les cultures. Pour vendre quelques-uns de ses produits en gros, mais la majorité en direct : « Entre les marchés et la vente à Champs Libre, nous avons 250 clients. » La plupart à Dunkerque. Et l’autre partie directement sur l’exploitation le vendredi après-midi. Pas de panier, la grande mode des dernières années pour le maraîcher ? « Si, nous en avons fait. Au début, c’était une vingtaine au Conseil général à Hazebrouck. Maintenant, ce n’est plus que trois. » Un échec ? « Je pense que les gens se lassent du système du panier, même si on essayait de l’adapter chaque semaine selon les envies. Après, entre février et avril, c’est difficile ici. Ce sont toujours les mêmes légumes. » Une des raisons qui le pousse à acheter quelques autres produits – bio – venant du sud de la France pour les revendre et proposer ainsi du choix à ses clients. « Je comprends qu’à un moment, tu puisses en avoir marre de manger tout le temps du chou-rouge ou des betteraves… »

Et si les autres n’étaient pas assez chers ?

Reconversion réussie donc pour l’ancien vendeur ? Oui, d’autant que la mode de la fin de la décennie est au bio. « Je suis satisfait de cette prise de conscience : les gens doivent se rendre compte que nous avons été trop loin. Même si le Nord – Pas-de-Calais a encore du retard. J’ai une cliente qui doit faire 25 km pour venir ici chercher ses légumes bio. » On lui pose la question du prix, chère aux détracteurs du mode de consommation. Philippe Tassez a une réponse imparable : « Est-ce que c’est moi qui suis cher ? Ou plutôt les agriculteurs conventionnels qui ne le sont pas assez ? Est-ce normal qu’ils n’arrivent pas à gagner à leur vie ? Il faut aussi apprendre à consommer autrement : avons-nous besoin de 2 kilos de légumes ? On peut se contenter de 500 grammes de meilleure qualité. »

Champs Libre, 42 rue de Préavin, La Motte-au-Bois. Email : champs-libre@orange.fr
L’intégralité de notre série :
Le bio en Nord – Pas-de-Calais (1) : un retard chronique
Le bio en Nord – Pas-de-Calais (2) : Saveurs et Saisons, précurseur, bientôt « village bio »
Le bio en Nord – Pas-de-Calais (3) : la profession de foi du maraîcher
Le bio en Nord – Pas-de-Calais (4) : Tout Allant Vert, tout pour la maison, version écolo

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