L'autre information du Nord – Pas-de-Calais

La filière porcine nordiste pas encore grippée

DailyUne | Réflexions Par | 06 mai 2009

On a eu beau la rebaptiser en urgence grippe A (H1N1), le mal était fait. La grippe porcine restera associée au… porc. A tort ou à raison, c’est selon, à lire tous les articles et interviews sur le sujet. Forcément, la première dénomination de ce virus n’a pas plu à la filière porcine régionale, quatrième producteur sur le plan hexagonal. Même si, pour l’instant, le marché semble ne pas céder à une quelconque psychose.

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C’est un pur hasard. Qui tombe plutôt bien : “Nous avons une action en cours pour mettre en avant la viande de porc sur les Tables régionales du Nord – Pas-de-Calais (*), confirme Sylvie Delforge, responsable de l’inter-profession porcine dans le Nord – Pas-de-Calais  et en Picardie. Elle a été décidée bien avant la grippe A (H1N1). Et sur les nombreux restaurants qui participent, un seul a décidé de retirer de sa carte la viande de porc.” Arguant que ses clients n’en mangeraient pas.

Pas de baisse de consommation pour le moment

A entendre le monde porcin régional, une telle réaction  serait exceptionnelle. Au contraire, les études réalisées depuis le début de l’épidémie laisse entendre que, malgré la grippe A (H1N1),  le cochon tient la barre. “Le cours n’a pas baissé, continue Sylvie Delforge. C’est toujours aux alentours de 1,20 euros le kilo (sur le marché au cadran de Plérin dans les Côtes d’Armor, la référence nationale, car sur d’autres marchés, comme celui des matières premières de Chicago, le cours a déjà baissé). En plus des remontées des restaurateurs, nous avons aussi des contacts réguliers avec les bouchers-charcutiers. Là aussi, ils vendent toujours autant de viande de porc, qui, je le rappelle, ne peut pas être contaminée par le virus.” Conscience professionnelle oblige, nous sommes allés vérifier dans une boucherie : “Non, les clients achètent toujours autant de porc, nous a-t-on répondu. Ce n’est pas comme pendant la grippe aviaire. Là, c’était une catastrophe au niveau des volailles.” Un optimisme que Jean-Michel Heuel, responsable du Groupement des producteurs de porcs des Monts de Flandres, tempère quelque peu : “J’ai tout de même peur, qu’à terme, il y ait une baisse de consommation. Ou en tout cas une répercussion sur les prix.

Les médias dans le collimateur

Alors, pour le moment, tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes pour la filière porcine nordiste, quatrième producteur au niveau national derrière la Bretagne, les Pays de la Loire et la Normandie ? Pas tout à fait. Parce que les Nordistes ont moyennement apprécié l’amalgame fait en début de grippe. Jean-Michel Heuel en première ligne : “C’est sûr que ça ne nous a pas arrangé d’entendre grippe porcine. On se dit “qu’est-ce qui nous tombe encore dans les pattes ?”. J’ai eu des appels d’éleveurs qui étaient très inquiets. Au point que l’on attend avec impatience qu’un autre événement prenne le dessus dans vos médias pour qu’on ne parle plus de nous !” Un avis partagé par Sylvie Delforge : “C‘est vrai que nous vous en avons voulu. Au départ, il a manqué d’une information claire sur le sujet. Car la grippe porcine existe, mais c’est une maladie bénigne qui ne concerne que les porcs. Mais là, ce qui arrive, c’est un virus à base de plusieurs souches (**). Nous avons des études de vétérinaires qui le prouvent.” La faute aux médias donc (d’ailleurs, certains continuent à l’appeler grippe porcine). Et pas celle de l’élevage en batterie, argument entendu au café du commerce depuis le début de l’épidémie ? “Les gens qui disent ça n’y connaissent rien, tempête Jean-Michel Heuel. Ce sont des idées reçues. Dans notre région, les porcs ne sont pas les uns sur les autres. Bien sûr, les éleveurs cherchent la performance, ils veulent gagner leur vie. Mais en respectant le bien-être des animaux.

(*) Le réseau des Tables Régionales associe des restaurateurs du Nord – Pas-de-Calais autour d’une démarche de valorisation de la gastronomie régionale.
(**) Si on retrouve bien des souches porcines dans le virus A (H1N1), on retrouve aussi des souches aviaires et humaines…
Pour une myriade d’articles (18 908 ce mercredi après-midi) sur le sujet de la grippe porcine… euh, non A(H1N1), rendez-vous sur Google Actu

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