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Le monde libertin l’a dur

DailyUne | Rebrousse-poil Par | 17 mai 2009

Fichue crise, elle ne respecte rien. Même l’univers libertin n’échappe pas à la morosité et à l’érosion du pouvoir d’achat. Pour s’en assurer, votre dévoué DailyNord s’est offert un détour dans quelques hauts lieux de la frontière franco-belge. Histoire de voir comment les boites échangistes, clubs libertins et autres bars à hôtesses la ressentent, cette fameuse crise.

Wevelgem en Belgique. Sa course cycliste, ses souvenirs de la Grande Guerre, ses bars à hôtesses aussi. Collés les uns aux autres à quelques encablures de la métropole lilloise. L’endroit est bien connu des gros commerciaux qui y amènent parfois leurs clients. Au Dream’s, un de ces fameux bar à champagne, on dit ressentir la crise. « On a un petit peu moins de clients qu’auparavant », confie une  hôtesse. L’explication? « Nous travaillons beaucoup avec le secteur du bâtiment. Les commerciaux viennent signer les gros contrats chez nous. » Plus sympa, en effet, de signer un contrat en ravissante compagnie, une flûte de champagne à la main. « Mais comme il y a moins de gros contrats, il y a moins de clients. » Restrictions budgétaires. A en croire notre hôtesse, même le fidèle serait un peu plus regardant depuis quelque temps. La preuve : « Avant, il commandait six bouteilles, maintenant, c’est plutôt trois ou quatre (200 euros la bouteille, ndlr) ».

LES RESCAPES DE L’INDUSTRIE DU SEXE

A priori, tout le secteur n’est pas forcément touché de la même manière. Dans l’industrie du sexe, certains en profiteraient même à en croire la presse de ces derniers mois. La vente en ligne, les préservatifs, la lingerie ou les sex toys, connaîtraient même une inflation. Plus 10% sur 2009, avancent certains sites internet. L’explication? La crise inciterait à limiter les sorties (selon des études, 40% des gens restreignent ainsi leurs escapades en période de crise) et à se réfugier sous la couette. Le « réflexe du nid », ça s’appelle. Du coup, on passerait plus de temps sous la couette, et pour varier les plaisirs, on ne reculerait pas à quelques modestes investissements. Les ventes de préservatifs et de sex toys ont tendance à gonfler. Le roi de la capote, Durex, a ainsi enregistré en novembre dernier un chiffre d’affaires de 19 millions de dollars, en augmentation de plus de 5% par rapport à l’année précédente. Faut avouer qu’une boîte de préservatifs demeure plus accessible qu’une sortie.

Chaud aux fesses

On reste en Belgique. Menin, autre ville frontalière, autre destination touristique très prisée des Nordistes. C’est bien simple, au Vénus club, les Français représentent les deux tiers de la clientèle. Ici, pas d’hôtesses, nous sommes dans un club libertin. Comprendre échangiste. A la question le secteur d’activité connaît-il la crise ? Carole, la patronne, nous gratifie d’un oui, bien franc. Comme si il s’agissait d’une évidence. Depuis l’automne, le Vénus club n’échappe pas à la récession : une baisse de fréquentation de l’ordre de « 30 à 40% », une baisse sensible du chiffre d’affaires dans les « 20% ». Et ce mois de mai familial,  avec « ses ponts, ses mariages, ses communions », n’arrange guère les affaires de Carole. « C’est clair et net : les gens regardent désormais à cinq euros. Ils vont plutôt venir lorsqu’il y a une soirée découverte, une soirée promotion. » Certains discutent-ils les prix comme on a pu le lire ailleurs ? Nouveau rire de la patronne : « Les gens ont toujours discuté les prix (forfait de 80 euros pour les couples le week-end, ndlr). » Pour traverser la crise, là comme ailleurs, on se serre donc la ceinture : « Avant, j’avais quelqu’un par exemple pour le ménage ou pour servir au bar. Désormais, je fais pratiquement tout toute seule », poursuit la responsable du Vénus.

La crise a bon dos

Allez, on poursuit notre petit (dé)tour. Au Mi-Noi à Pecq (en Belgique, évidemment). Incontournable. Presque une légende (13 ans d’existence !) dans le microcosme échangiste régional. A discuter avec André, le gérant, on sent bien que la boîte a connu des jours plus fastes, mais André refuse de tout mettre sur le dos de la crise. « Il y a plusieurs facteurs qui entrent en compte », confie le quadragénaire. Lesquels ? Pêle-mêle, il évoque « des soirées privées échangistes », l’internet qui a bouleversé les moeurs en la matière, la diminution des « vrais échangistes » aussi. Ou tout bonnement, la prolifération des boites, restaurants, saunas et autres clubs libertins ouverts de part et d’autre de la frontière depuis un ou deux ans.  « Un gâteau » auquel tout le monde veut goûter, semble-t-il.

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2 Commentaires

  1. Et maintenant que deviens tout ce beau monde ?un milieu d apres crisse aurait été sympa pour ma curiosité propre a moi même

  2. Je pense que tout ce beau monde va bien mais vous avez raison, nous pourrions reposer la question. Merci !

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