L'autre information du Nord – Pas-de-Calais

Autoroute du Nord (4/4) : le cerveau de l’A1

DailyUne | Réalités Par | 29 avril 2009

Quatrième et dernière incursion au pays de l’Autoroute du Nord, ce monde fermé, grillagé, régi par des codes et des procédures insoupçonnables pour l’automobiliste qui l’emprunte régulièrement. Cette fois, nous avons dépassé les frontières de la région pour rejoindre Senlis dans l’Oise, où se trouve le Poste central d’exploitation. L’un des maillons essentiels d’une chaîne destinée à satisfaire le client.

[singlepic id=234 w=320 h=240 float=right]”Je vais finir par croire que vous n’avez rien à faire !” Le journaliste, toujours prompt à donner des leçons, s’adresse aux trois opérateurs en poste ce matin-là, Mélanie, Julien et Emma. “Oh, ne parlez pas si vite. Il y a des moments comme ça où c’est très calme. Mais d’un seul coup, ça se bouscule et il faut gérer !” A côté, Sébastien Gédor, adjoint au responsable du PCE, acquiesce.

PCE. Poste central d’exploitation pour les non-initiés (tous ceux qui ne travaillent pas à la SANEF en fait). Une composante indispensable au fonctionnement d’une autoroute. “La mission principale du PCE, c’est d’assurer la sécurité du client (l’automobiliste), confirme Sébastien Gédor en jetant un coup d’oeil à la carte qui surplombe son bureau. Mais aussi des agents SANEF qui sont sur le terrain.” En résumé, c’est l’endroit par lequel toutes les informations de l’autoroute vont transiter : objets sur la chaussée, pannes, bouchons, météo. “On nous remonte ces informations de tout notre réseau (le PCE de Senlis gère le réseau Nord, soit l’A1, l’A26, l’A16, l’A29, l’A2, environ 850 kilomètres de voies), à nous de les redistribuer : que ce soit aux patrouilleurs sur le terrain pour qu’ils interviennent, aux garagistes agréés pour qu’ils dépannent, à la radio 107.7 pour qu’elle diffuse les messages ou directement aux usagers via les panneaux lumineux pour qu’ils adaptent leur conduite.

Les tunnels sous vidéo-surveillance

[singlepic id=235 w=320 h=240 float=left]Ce mardi matin, donc, au PCE, c’est n’est pas l’effervescence. L’occasion pour Mélanie de tester un nouveau logiciel de création d’événements (“les messages que vous allez retrouver sur les panneaux ou à la radio“). Apparemment, ce n’est pas si simple… “On va regarder tout ça après“, tempère l’adjoint. Et on s’intéresse plutôt aux multiples écrans qui recouvrent les murs de cette salle. Des plans de coupes des autoroutes avec des sigles partout : “le réseau représenté dans son ensemble. Les sorties, les aires, les travaux, les incidents, etc.” Mais aussi des écrans vidéos :  “les seuls endroits où nous avons des caméras en permanence sont les tunnels, continue Sébastien Gédor. Nous en gérons trois ici, dont un dans votre région, la tranchée couverte d’ Hardelot sur l’A 16. Les procédures sont très strictes depuis la catastrophe du Tunnel du Mont-Blanc.” De multiples procédures pour tous les temps et toutes les conditions que les dix-sept opérateurs se relayant 24h/24 connaissent quasiment sur le bout des doigts ou retrouvent dans des classeurs : “Quand les vents atteignent 130 kms/h, on interdit la circulation sur les viaducs du Boulonnais par exemple“, lance Mélanie.

Le téléphone sonne. Emma se précipite, stylo et feuille de signalement à la main. Un appel de l’une des bornes d’urgence. Il y en a environ 21 000 chaque année. Un Anglais en panne. La conversation se fera donc dans la langue de Shakespeare. Quelques minutes suffisent à Emma pour comprendre que le véhicule a un problème mécanique : “On lui dit ensuite de se mettre en sécurité le temps que le garagiste – et le patrouilleur si le véhicule n’est pas stationné correctement – arrive“, ajoute Sébastien Gédor. Emma raccroche : “L’anglais ? On comprend, mais quand ils se mettent à parler vite, c’est dur. En plus, c’est du langage technique !“. Ce qui est parfois plus difficile, c’est de localiser l’appel : “Quand les usagers appellent d’une borne, on sait où ils se trouvent. Mais quand ils passent un coup de téléphone de leur portable, ils ne savent pas forcément où ils sont…

Gérer le stress de l’autruche

[singlepic id=233 w=320 h=240 float=right]A côté de ce poste, les ordinateurs dévolus à la météo. Une carte du ciel avec les précipitations qui s’annoncent. Réactualisée en permanence. Puis, des chiffres et des lettres, incompréhensibles pour le commun des mortels : “Nous avons des petites stations tous les quinze kilomètres environ. Elles relèvent différents paramètres. On sait si le sol est gelé par exemple, etc. Et donc, ça nous permet d’intervenir rapidement.

La rapidité. L’une des qualités essentielles pour un opérateur. Savoir prendre les bonnes décisions au bon moment, tout en respectant les procédures. Quelque soit le rythme de travail. “D’un seul coup, vous allez avoir un afflux de coups de téléphone. Plusieurs véhicules en panne par exemple. Il faut savoir gérer, garder le contrôle. Et ne pas stresser.” Et parfois s’occuper de situations incongrues à distance en lien avec les patrouilleurs ou la gendarmerie : genre, ce légionnaire mécontent de s’être fait rentré dedans qui a passé sa colère et ses poings sur l’autre automobiliste il y a quelques jours. Ou cette femme qui a laissé son mari sur une aire de repos après une dispute. “On a même eu une autruche sur l’autoroute, s’exclame Mélanie. Ce n’était pas l’A1 cette fois-ci, mais l’A26, à côté de Béthune. Au début, tu crois que c’est une blague, mais en fait, il y a un élevage là- bas !” La drôle de vie des autoroutes du Nord.

Retrouvez les précédents articles de ce grand format :
Patrice, l’ange gardien
Le manège du péage de Fresnes-lès-Montauban
Au coeur de l’AutoGrill, sur l’aire de Wancourt

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