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Autoroute du Nord (2/4): le manège du péage de Fresnes-lès-Montauban

DailyUne | Réalités Par | 12 avril 2009

Après notre tournée avec Patrice, le patrouilleur il y a quelques jours, retour sur l’Autoroute du Nord, ses milliers de véhicules chaque jour et les hommes et femmes qui y travaillent. Pour le deuxième reportage de ce grand format, DailyNord s’est arrêté à la principale barrière de péage de la région : Fresnes-lès-Montauban à quelques encablures de Lille.

On nous avait prévenu. “Vous entrez dans Fresnes-lès-Montauban. Puis, vous prenez le petit chemin, pas loin de l’église. N’hésitez pas à y aller, on pense qu’on va dans une impasse, mais c’est bien par là.” Quelques trous dans la chaussée plus tard, nous voilà au bord de l’autoroute. A contre-sens, les véhicules filent à toute vitesse sur l’autoroute. Après un petit bois, la gare de péage entre dans le champ de vision.

[singlepic id=212 w=320 h=240 float=left]Fresnes-lès-Montauban. La principale gare de péage de notre région, à une vingtaine de minutes de Lille. Et, derrière la receveuse ou l’automate qui reçoit vos encaissements, toute une histoire.  Bernard Bruneau et  Didier Hiez sont les deux conducteurs de péage. Entendez, les responsables. Trente ans de boîte, ils ont l’expérience. Ils nous rappellent d’ailleurs comment ça se passait jusqu’à la fin des années 70 : “On donnait nous-même les tickets. Enfin, avec l’aide d’une machine. Le ticket, c’était une grande carte perforée. Avec douze catégories de véhicules ! On reconnaissait la 4L  5 chevaux grâce à un liseré argenté !

S’endormir, ivre, au péage…

De leur bureau, on a la vue sur le péage. Une voiture entre. Paie. Repart. Le manège est bien huilé, limite hypnotisant. Sandrine Laridan se mêle à la conversation : la jeune femme, receveuse et intervenante maintenance,  n’a pas connu tous ces changements. “Ça fait onze ans que je suis là.” Mais elle a vu une évolution. La disparition progressive de la main humaine au péage.  Les deux conducteurs reprennent : “En temps normal, il y a deux guichets, voire trois, avec des receveurs. Le reste est automatisé. Soit pour les cartes bancaires, soit pour le Télépéage.” Pour près de 20 000 véhicules dans chaque sens chaque jour. Une sacrée machine. Même si la fameuse crise est passée par là : “Les comparaisons entre 2008 et 2009 peuvent être faussées car les longs week-ends ou les vacances ne sont pas forcément au même moment… Enfin, en trafic poids-lourd, on a perdu 16% depuis février et mars. Les usines ne tournent plus, les transporteurs suivent…” Les véhicules légers ? “On ressent aussi une baisse.

[singlepic id=213 w=320 h=240 float=right]On ne le croirait pas forcément mais il s’en passe de belles au péage. Outre ceux qui ne trouvent pas leur argent, ont perdu leur ticket (“on en a vu tenter de démonter le tableau de bord pour le récuperer“) ou heurtent la barrière – heureusement protégée de mousse – par inattention , les receveuses ont parfois le droit à quelques séances gratinées. Dans la nuit du samedi au dimanche, après la fête, par exemple. “Certains insistent auprès des dames“, explique Bernard Bruneau. “Ou parfois, il y a des exhibitionnistes !” ajoute Sandrine. Pas de danger particulier : en cas de problème, les receveurs sont tenus de s’enfermer et de prévenir leur poste de contrôle. Ou les gendarmes non loin de là. D’ailleurs, il y a quelques jours, l’équipe de service a eu une drôle de surprise : “Deux jeunes qui arrivent de Paris. Ils s’arrêtent devant la barrière et s’endorment !” Y avait plus qu’à les cueillir. En état d’alcoolémie très avancé, on s’en doute…

Chauffage et climatisation dans la cabine

Il est 15h30, Céline Grandin, jeune recrue, prend son service. On peut l’accompagner avec Sandrine. Gilet jaune impératif. Et quelques règles de sécurité, dictées par notre receveuse : “Il faut faire très attention. Bien regarder avant de passer.” On se glisse dans ses pas. Au niveau des premières barrières, celles des poids-lourds, un petit bouton. “On peut appuyer pour bloquer la barrière une quinzaine de secondes.” Quelques mètres plus loin, nous voilà dans la cabine. Exigüe forcément pour trois. Mais dotée de tout le confort moderne. Enfin, d’un poste de travail : siège de bureau, chauffage, climatisation, radio, etc.

[singlepic id=214 w=320 h=240 float=left]Le temps de mettre sa caisse en place et Céline indique sur le moniteur que sa barrière est ouverte. Pas besoin d’attendre longtemps. Trente secondes plus tard, la première voiture s’engouffre. Presque timidement. “Bonjour Monsieur, ça fait 14, 20 euros“. Et ça ne désemplit plus. Le rythme des voitures en ce lundi après-midi est soutenu. Trois à quatre véhicules par receveur chaque minute, c’est la moyenne.  Les rendus de monnaie sont rapides : “Oui, il y a parfois des pièces étrangères, de 10 francs ou des faux billets. Mais on est équipé.” Une dame demande si Lille est encore loin. Céline la renseigne. Toujours aimables les automobilistes ? ” Certains nous disent que c’est cher, qu’ils ont attendu trop longtemps. Le pire, ce sont ceux qui se plaignent d’avoir attendu et qui n’ont pas préparé leur monnaie !

“Put the ticket, put the money”

On laisse Céline vaquer à ses occupations.  Sandrine s’arrête pour régler une machine et  on remonte vers le centre de contrôle. Et notamment vers une salle à faire pâlir les opposants à Big Brother : “D’ici, on surveille le péage, le trafic, on a une vision sur toutes les voies, s’il y a un problème. Mais on a aussi des caméras sur les barrières entièrement automatisées des autres sorties d’autoroute. Histoire de pouvoir aider l’automobiliste au cas où.” Derrière les écrans, ce sont Philippe Puche, surveillant de péage, et Valérie Tatinclaux, receveur chef.  On tombe bien, ils ont du boulot auquel se joint Sandrine. Plusieurs appels en même temps : pour Sandrine, c’est un camion de l’Est coincé devant une machine. “Put the ticket, put the money“. Elle essaie en allemand. Cinq bonnes minutes pour que le chauffeur redémarre. “Il y a des moments, on passe ici, on se dit qu’il y a une personne de trop, rigole Didier Hiez. Cinq minutes plus tard, il en manque deux !

[singlepic id=215 w=320 h=240 float=right]Des effectifs qu’il faut d’ailleurs augmenter pour les vacances ou les longs week-ends. Dans le bureau des conducteurs de péage, il y a un calendrier : vacances françaises, mais aussi anglaises, allemandes, belges et hollandaises. Le gros morceau, cette dernière nationalité. “Là, le 4 mai, ils sont en vacances, il y a le retour de notre zone aussi en France, il va falloir ajuster les effectifs.” D’autant plus que les Hollandais ont une fâcheuse manie : payer en liquide. “Ça commence à changer, mais c’est vrai qu’il faut prévoir un receveur de plus à chaque fois.”  En attendant, au péage, les véhicules continuent leur manège hypnotique et assourdissant : “Le bruit ? nous répond Sandrine. On y est habitué maintenant. C’est vrai qu’on aime bien être au calme après !

Retrouvez les autres reportages de ce grand format :
– Patrice, l’ange gardien
– Au coeur de l’AutoGrill, sur l’aire de Wancourt
– Le cerveau de l’A1

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