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A quoi ressemblera le littoral dans un siècle ?

DailyUne | Réflexions Par | 06 avril 2009

Encore ce fichu réchauffement climatique. Un passage obligé pour cette de semaine du développement durable. Pas besoin d’aller au pôle sud pour constater les effets de ce réchauffement, ici aussi, la mer avance. Quel visage aura le littoral régional dans un siècle ? Nous avons posé la question à Arnaud Héquette, professeur à l’université du Littoral. Eléments de réponse.

Un siècle de réchauffement climatique plus tard. Avril 2109, la température extérieure flirte avec les 35° C (rien d’exceptionnel) et Armentières est devenue une station balnéaire fort appréciée. On nage en plein délire ? Sans doute. Mais rien d’étonnant après ce qu’on a pu lire sur le net. Certains sites promettent parfois une remontée des eaux de 30 mètres – sans toutefois donner d’échéance -, engloutissant la moitié des communes de la région (on a vraiment lu ça !).[singlepic id=206 w=320 h=240 float=right] L’apocalypse. Une plaine des Flandres rendue à la mer comme 10 000 ans auparavant, avec quelques terrils émergeant (forcément) ici ou là. Pittoresque, mais pure fantaisie à en croire Arnaud Héquette. Le professeur de l’université du Littoral (Dunkerque), membre du laboratoire d’océanologie et de géosciences, plante d’emblée le décor : « Il ne faut pas tomber dans le catastrophisme ». Loin de sombrer non plus dans l’optimisme, il recommande de ne « pas fermer les yeux ». Pas d’estimations hasardeuses, mais néanmoins quelques certitudes pour l’an 2109.

La mer grignote du terrain

La problématique ? On connaît. Les gaz à effet de serre, la fonte de la calotte glaciaire continentale, le réchauffement des couches superficielles des océans, on va pas tout reprendre ici. La mer monte. Y compris dans notre Nord – Pas-de-Calais. En témoignent les mesures effectuées par le marégraphe du port de Dunkerque de 1957 à 2001:  0,21 cm par an. Vingt centimètres par siècle pour les fortiches en maths. Mêmes résultats chez les voisins belges du côté de Ostende ou Nieuport. Bon seulement, vingt centimètres, c’est pas la mer à boire.

Trente à quarante centimètres au bas mot

Arnaud Héquette juge néanmoins l’estimation « très  optimiste ». « La projection de 10 cm d’ici 2050 n’est que l’application de la tendance passée sur 50 ans et ne tient pas compte des estimations futures d’accélération de la hausse du niveau de la mer avec le réchauffement climatique. » Toujours ces émissions de carbone et ce réchauffement climatique. Question de logique, on a beau faire des efforts pour limiter nos gaz à effet de serre, nous sommes de plus en plus nombreux à habiter cette planète. «Il existe une inconnue sur le réchauffement du climat. Si nous sommes persuadés de ce réchauffement, nous ne connaissons pas la quantité de gaz à effet de serre qui sera émise au XXIe siècle. »

Prudents, les scientifiques et notamment le fameux GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, le nec plus ultra en la matière) envisagent une fourchette. Trente à quarante centimètres au bas mot, soixante centimètres pour les plus pessimistes. La région n’y coupera pas.

Pour une poignée de centimètres

Autre certitude, toute la côte ne sera pas logée à même enseigne. Exemple, Wissant ou Sangatte paraissent moins vernies que Bray-Dunes ou Zuydcoote. En l’espace de quelques décennies, la baie de Wissant aurait ainsi perdu près de 100 mètres (lire sur le sujet l’article d’Arnaud Héquette et de David Aernouts) quand Bray-Dunes en a conquis 23. Là encore, difficile de prévoir l’évolution. Si l’arrière-pays est aujourd’hui protégé par des dunes, rien ne dit comment l’érosion agira sur ces défenses naturelles. Dans tous les cas, pas de quoi annoncer l’apocalypse. Wissant ne va pas disparaître et Bray-Dunes n’est pas prêt de rejoindre l’Angleterre.

Mais, même pour quelques dizaines de centimètres, l’élévation du niveau de la mer aura néanmoins de fâcheuses conséquences. Suffisamment, pour que les Pouvoirs publics y songent déjà (visiter le site de la Direction régionale de l’environnement pour s’en convaincre). Arnaud Héquette fournit quelques exemples. Des tempêtes plus fréquentes ou un problème d’évacuation des eaux des canaux (« les problèmes d’inondation ne viendront pas que de la mer »). Mais pour voir la mer à Armentières, c’est pas encore pour demain.

Tous les rapports du GIEC sont consultables sur internet: www.ipcc.ch

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