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Les ruminants chassent la tondeuse

DailyUne | Petite histoire Par | 24 mars 2009

Enfin une tondeuse à gazon qui ne nous cassera pas les oreilles. Et à la vue de laquelle on peut même éprouver une certaine attirance. Près de Lille, Ecozone propose aux collectivités locales des animaux pour entretenir leurs friches. Pas n’importe quels animaux : des versions raccourcies, pour un travail optimisé. Une solution naturelle forcément écolo et non moins efficace.

[singlepic id=179 w=320 h=240 float=left]Pour un green, faites confiance aux moutons. Pour éliminer les chardons, privilégiez les ânes. Et si l’herbe est haute, mettez d’abord des vaches afin de préparer le terrain pour les ovidés. « Selon le débroussaillage ou la tonte, on change ainsi l’animal », confie Marjorie Deruwez. Pas question de laisser le cheptel brouter à tout va. La responsable de la Ferme du P’tit Chêne et d’Ecozone à Bousbecque (près de Tourcoing) se rend quotidiennement sur les espaces où évoluent ses animaux. Elle évoque ainsi une rigoureuse gestion et rotation des espèces. En fonction de la superficie, de la nature du terrain, du résultat escompté.

Jusque 2007, Marjorie Deruwez se contentait d’élever des animaux au sein de la ferme bousbecquoise. Moutons, cochons, poneys, chèvres, vaches, alpagas (espèce voisine du lama)… Une centaine de sujets au total pour des animations proposées aux collectivités ou aux entreprises. Avec une singularité toutefois : ici, tous les animaux sont minis. Moutons d’Ouessant, vaches Pie noire bretonnes, poneys Shetland, des espèces naturelles ne dépassant pas un mètre au garrot et pesant souvent moins de 100 kilos. Un autre avantage, car leur piétinement n’endommage pas le terrain.

Tondeuses à quatre pattes

Comment Marjorie Deruwez est passée à la gestion écologique d’espaces verts ? « L’idée est venue d’un travail avec Lille, raconte-t-elle. La ville avait besoin d’animaux pour débroussailler des sites difficiles d’accès. » La municipalité lilloise désirait acquérir trois moutons. Idée séduisante, mais hasardeuse. Alors, plutôt que de vendre ses animaux, la responsable d’Ecozone proposa de les louer et de gérer elle-même l’entretien de cet espace. Quinze poneys, cinq vaches et vingt chèvres seront finalement mis à contribution à tour de rôle pour débroussailler ce terrain de 11 hectares aux Rouges-Barres. Ecozone était lancée. « Nous fonctionnons exactement comme une société d’entretien et de nettoyage. La seule différence est que nous employons des animaux plutôt que des engins mécaniques. »

[singlepic id=178 w=320 h=240 float=right]Deux ans plus tard, d’autres villes ont adopté ces tondeuses écologiques. Achicourt, Roncq, Lens, Loos-en-Gohelle, Lomme, Faches-Thumesnil. Des particuliers aussi. La gestion écolo des espaces verts a le vent en poupe. Même principe qu’à Lille, les animaux sont simplement loués, Ecozone gère l’entretien. Question d’efficacité. Car, ils ont beau être mini, mal encadrés, ils peuvent causer pas mal de dégâts. « Sur un espace de 10 hectares, si vous mettez 10 ânes, le terrain est mort », prévient Marjorie Deruwez.

Le débroussaillage devient une attraction

Forcément, avec ce genre d’idée séduisante, on a beau chercher, on a du mal à trouver un inconvénient. L’exploitation des bêtes ? Même pas. Au lieu de demeurer dans leur enclos, elles profitent de vastes espaces et d’une nourriture abondante. Une liberté qui oblige d’ailleurs Marjorie Deruwez à « leur réapprendre à gérer leur nourriture pour différencier les espèces toxiques des espèces comestibles. » Les animaux peuvent aussi accéder à des terrains impraticables aux machines.

Reste la question du coût. Entretien d’un poney ? Environ 150 euros par mois. Un peu plus cher qu’une tondeuse. Oui, mais la main-d’œuvre est réduite. « Cela ne revient pas plus cher, assure Marjorie Deruwez. Par exemple, à Roncq, on ouvre une voie de randonnée de 1,3 km sur une ancienne voie ferrée. Il n’existe pas de différence de prix par rapport à un débroussaillage classique. Sauf que le débroussaillage mécanique ne peut se faire que sur deux mois, alors qu’avec les animaux, nous pouvons travailler huit mois. » Normal, les animaux ne connaissent ni les 35h, ni les intempéries.

[singlepic id=177 w=320 h=240 float=left]Enfin, la responsable d’Ecozone évoque encore l’attrait de ces petites bêtes. Plus sympa de regarder ces animaux en liberté plutôt que d’entendre des tondeuses ou débroussailleuses. Un exemple ? « Nous venons de réinstaller un site à Achicourt (Arras) : tout le monde est venu pour discuter, donner à manger aux animaux. A tel point que la mairie a même installé des bancs ! »

Elevage du P’tit Chêne – Ecozone – 59 166 Bousbecque. E-mail:  info@ecozoone.com
http://www.ecozoone.com/
http://www.leptitchene.com/

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1 Commentaire

  1. Bonjour,
    Les adresses web ne fonctionne pas.
    Enfin une est écrite en chinois, et la suivante est en erreur.
    Bien cordialement
    Sylvain Quiquempois

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