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Michael Dumont, 26 ans, agriculteur d’aujourd’hui (4)

DailyUne | Réalités Par | 24 février 2009

C’est un métier sans RTT, aux revenus aléatoires et aux conditions de travail difficiles. A 26 ans, Michael Dumont a pourtant choisi la profession d’agriculteur en intégrant le GAEC (groupement agricole d’exploitation en commun) familial de Sercus, en Flandre. Alors que le Salon de l’agriculture parisien bat son plein, DailyNord a choisi de suivre le jeune homme dans ses activités hivernales entre traite, triage de pommes de terre et travaux divers de la ferme. L’occasion, en compagnie des autres membres de sa famille, de découvrir un métier finalement méconnu et en pleine mutation. Quatrième et dernier reportage de cette série lors du triage des pommes de terre.

Quelques semaines plus tard. Retour à la ferme de Sercus suite à un coup de fil de Michael. « En ce moment, on fait les pommes de terre. Si ça vous intéresse… »

UNE VINGTAINE DE TONNES PAR JOUR

Il est 14 h. Avis de tempête sur la région. Pour ouvrir la porte du hangar, il faut jouer de toute sa force. A l’intérieur, Michael, Nicolas et Marie-Annick sont à l’ouvrage sur une machine qui traverse de part en part le bâtiment. « Là, on trie les pommes de terre de Rexpoëde, où mon beau-frère a des terres, explique le jeune homme. Ça fait vingt-deux tonnes à faire dans la journée. » Vingt-deux tonnes qui passent sur la machine où elles sont triées, nettoyées et mises en sac. L’ensemble n’a pas l’air de toute première jeunesse. [singlepic id=54 w=320 h=240 float=left] Michael confirme : « La trieuse a au moins trente ans. ». Il vérifie auprès de sa mère : « Non, beaucoup plus, quand je suis arrivée, elle y était déjà ! » Mais pas question de racheter une machine pour le moment, même si elle simplifierait grandement le travail de la famille : « On gagnerait énormément de temps, c’est sûr. Mais l’investissement est trop lourd. »

Un investissement lourd dans une situation économique qui ne s’arrange pas. Même si le ballet quotidien des camions dans la cour a repris pour charger 20 tonnes de pommes de terres quasiment tous les jours vers l’Espagne et le Portugal (en moyenne, 80 à 100 camions partent chaque hiver), ce n’est pas encore avec cette activité que le GAEC va s’enrichir en 2009 : « Les prix sont trop faibles pour nous, reprend Michael, on n’arrivera pas à valoriser ça cette année. La tonne est à 100-110 euros, le prix de revient à 90… Mais bon, on le fait : on a des clients, on se doit de fonctionner à long terme. » Alors, dès qu’un camion est programmé, après la traite et l’entretien du hangar des vaches, c’est triage. Environ quatre heures dans la journée, à trois ou quatre selon les jours. Et de fréquents allers et retours vers les bêtes, car les vêlages n’attendent pas.

DEFENDRE ET VALORISER SON METIER

Comme si tout ce travail ne lui suffisait pas, Michael vient de monter avec des collègues le groupe Jeunes agriculteurs de Flandre. Un syndicat lié à la FNSEA, majoritaire dans la profession. [singlepic id=55 w=320 h=240 float=right]Un engagement pris très au sérieux par le jeune homme : « Le groupement de Flandre vient de se créer, donc certaines choses sont encore floues. L’objectif est à la fois de défendre les filières agricoles et montrer ce que l’on fait au grand public.»

La rencontre prend fin. L’occasion de lui poser une dernière question : l’image de l’agriculteur chez ceux qu’il côtoie. Ça le fait sourire : « Il y a ceux qui sont complètement déconnectés. Pour eux, c’est toujours les poules, les vaches et toute la famille qui vit dans la même maison. D’autres qui nous critiquent sur l’écologie : on fait des efforts, mais il faut que l’on soit rentable aussi. Et puis enfin, il y a ceux qui comprennent notre métier. » Un métier qui a fortement évolué, où en plus d’avoir la condition physique, il faut être désormais un fin gestionnaire. Un métier qui demande des connaissances techniques, financières et des capacités d’adaptation pour résister aux tempêtes comme la vache folle. Un métier où les horaires sont une illusion et les revenus un perpétuel yo-yo (même pas un SMIC mensuel en ce moment). Mais un métier que Michael aime par-dessus tout et qu’il souhaite réussir : « Mes parents sont heureux de me transmettre une partie de cette exploitation. Je ne veux pas les décevoir. »

Retrouvez les précédents articles de ce reportage :

Michael Dumont, 26 ans, agriculteur d’aujourd’hui (1)

Michael Dumont, 26 ans, agriculteur d’aujourd’hui (2)

Michael Dumont, 26 ans, agriculteur d’aujourd’hui (3)

Retrouvez également notre retour sur Michael Dumont, effectué quelques mois plus tard à l’occasion de la colère des producteurs laitiers

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