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DailyUne | Réalités Par | 17H00 | 16 février 2009

Michael Dumont, 26 ans, agriculteur d’aujourd’hui (3)

C’est un métier sans RTT, aux revenus aléatoires et aux conditions de travail difficiles. A 26 ans, Michael Dumont a pourtant choisi la profession d’agriculteur en intégrant le GAEC (groupement agricole d’exploitation en commun) familial de Sercus, en Flandre. A quelques jours de l’ouverture du Salon de l’agriculture parisien, DailyNord a choisi de suivre le jeune homme dans ses activités hivernales entre traite, triage de pommes de terre et travaux divers de la ferme. L’occasion, en compagnie des autres membres de sa famille, de découvrir un métier finalement méconnu et en pleine mutation. Troisième article de ce grand angle avec l’entretien de la ferme.

[singlepic id=129 w=320 h=240 float=left]On s’active. La pause petit-déjeuner est finie. Le beau-frère, Nicolas, arrivé entre-temps de Rexpoëde où se trouvent les autres terres du GAEC, est déjà à l’ouvrage dans le hangar aux vaches. Michael le rejoint, suivi de son père. Dans la cuisine, Nadège est de retour. Avec une employée du contrôle laitier : « On vient une fois par mois, explique cette dernière. On vérifie toutes les données rentrées dans l’ordinateur. Et que tout va bien pour les vaches. » Et le lait. Plus le droit à l’erreur dans les années 2000.

Dans le hangar, bâti en 2005 – « un sacré investissement », confirme Michael – les hommes sont en train de s’occuper des vaches. « On nettoie, on les nourrit, continue-t-il, le beau-frère à ses côtés. Ce dernier évoque les conditions d’installation de Michael : « C’est vrai que la conjoncture n’est pas géniale cette année. Mais je me souviens, quand je me suis installé, c’était la même chose. C’est variable. »

« JE NE SUPPORTERAIS PAS D’ETRE DANS UN BUREAU »

Le brouillard enveloppe les champs environnants. Nicolas et Michael se relaient avec leurs tracteurs. Un rituel bien établi au milieu des beuglements des vaches. Ils versent plusieurs mélanges, à tour de rôle. « Maintenant, avec toutes les machines, on connaît les carences en alimentation des bêtes. On s’adapte en fonction. »

Tout en déroulant une botte de foin de 300 kilos, Michael évoque sa vie personnelle. Quelques jours auparavant, il a emménagé dans une maison d’un village voisin avec sa compagne. Qui sort d’études d’architecte. Employée, elle fait des horaires à rallonge. Difficile donc de se construire une vie de couple : « Elle rentre vers 21h15. Moi, en hiver, c’est un peu avant. Mais le lendemain, il faut que je me lève tôt. » Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige. Mais comme son beau-frère, « je ne supporterais pas d’être dans un bureau.»

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D’AUTRES PROJETS DE CULTURE

Les papiers du GAEC ont été signés dans la semaine. Une satisfaction particulière pour le jeune homme ? Pas tant que ça, juste une continuité selon lui. Il évoque aussi la touche personnelle qu’il veut donner à l’exploitation : « Ce sera un peu mon bébé : je veux faire des fraises. Bon, là, c’est un peu retardé pour le moment, mais je bosse sur le projet. »

Le ballet des machines continue. Les litières sont finies. Sauf en cas de pépin, les vaches, Michael ne les verra plus avant 16 h 30, l’heure de la deuxième traite de la journée.

Normalement, toute la famille devrait s’atteler au triage des pommes de terre. Sauf que cette année, la récession économique touche aussi le secteur. Les camions censés les acheminer vers la péninsule ibérique ne font plus le trajet quotidiennement. Alors, il faut attendre le prochain passage. Pas question pour autant de se reposer quelques instants : « On va faire tout ce qu’on n’a pas le temps de faire d’habitude. Entretenir les machines, nettoyer la cour, puis retourner à la traite. Pour finir tôt, vers 19 h-20 h. C’est vrai que c’est un peu plus monotone cette saison. Vivement qu’on puisse labourer. En hiver, c’est le tracteur qui me manque le plus ! »

Lire le dernier volet de notre série

Pour lire les précédents articles de ce grand format :

Michael Dumont, 26 ans, agriculteur d’aujourd’hui (1)

Michael Dumont, 26 ans, agriculteur d’aujourd’hui (2)

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