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DailyUne | Réalités Par | 16H52 | 03 février 2009

Michael Dumont, 26 ans, agriculteur d’aujourd’hui (1)

C’est un métier sans RTT, aux revenus aléatoires et aux conditions de travail difficiles. A 26 ans, Michael Dumont a pourtant choisi la profession d’agriculteur en intégrant le GAEC (groupement agricole d’exploitation en commun) familial de Sercus, en Flandre. A quelques semaines de l’ouverture du Salon de l’Agriculture parisien, DailyNord a choisi de suivre le jeune homme dans ses activités hivernales entre traite, triage de pommes de terre et travaux divers de la ferme. L’occasion, en compagnie des membres de sa famille, de découvrir un métier finalement méconnu et en pleine mutation. Grand angle loin des clichés.

6h30, ce matin d’hiver. – 2°C à l’extérieur. Dans le corps de ferme, les lumières sont éteintes, sauf une, vers l’arrière, dans un hangar. Une voiture qui s’approche. Une femme s’extirpe : « Vous venez voir Michael ? Je suis Nadège, sa sœur ». Elle enfile sa combinaison de travail, ses bottes, puis m’invite à la suivre.

Direction le halo lumineux. Dans le noir. « Attention, ça glisse. » La porte s’ouvre. A l’intérieur, après le sas d’entrée, deux rangées qui s’organisent autour d’un couloir central.  Une autre femme est déjà à l’ouvrage. Marie-Annick, la mère de Michael. « Il n’est pas encore arrivé, mais avec le temps, ça doit glisser. Il ne va pas tarder. » Quelques minutes plus tard, un jeune homme franchit la porte.
Michael Dumont. Un grand gaillard de 26 ans. Profession : agriculteur. « Par vocation, souligne-t-il. Je l’ai toujours su. J’ai vu mes parents travailler dans la ferme, j’ai fait des stages, c’est vraiment le métier que je voulais faire. » Pour y arriver, outre les travaux dans l’exploitation de Sercus en Flandre depuis qu’il est en âge de travailler, il a suivi plusieurs formations. Pas tant pour les gestes – quotidiens chez lui – que pour l’administratif : « C’est surtout la gestion d’une exploitation que l’on apprend lors de ces stages », confirme-t-il.

FINIE LA TRAITE A LA MAIN

Pas question de perdre de temps ce matin-là. Michael sait exactement ce qu’il doit faire. La soixantaine de vaches se succèdent dans les boxes. L’appareillage est complexe. Finie l’époque où l’on trayait les mammifères à la main. Désormais, tout est mécanisé. Mais il faut quand même une intervention humaine. Ne serait-ce que pour mettre en place l’appareillage sur le pis. Ensuite, on surveille. Via l’écran au-dessus de chaque box : « Toutes les informations sont enregistrées, continue le jeune homme. Si le voyant clignote, c’est qu’il y a un problème. » Cette vache en a un justement de problème. Elle n’a donné que 4,5 litres de lait. L’agriculteur explique : « Elle est en chaleur, elle n’a plus de lait ce matin. » En moyenne, chaque bête est censée donner une trentaine de litres par jour. En deux fois, matin et soir.

Le manège continue une bonne heure. Michael et sa mère ne se contentent pas d’observer cette traite semi-automatisée. Régulièrement, ils vérifient la qualité du lait « pour éviter les mammites (une infection mammaire, Ndlr). », nettoient les pis des bêtes « pour les protéger » ou éventuellement les soignent.

DES DERNIERS-NES DEJA DEFICITAIRES

Pendant ce temps, dans une pièce à côté, Nadège, la sœur, s’occupe des derniers-nés. Une soixantaine aussi par an. Avec un biberon, elle nourrit un veau mâle. « Eux, on les garde dix-quinze jours. Ensuite, le marchand vient les chercher. Devinez pour quel prix ? » Réponse du profane : « Je ne sais pas, 1 000 euros ? ». Elle sourit. « Si c’était ça. Entre 40 et 70 euros en ce moment. Autant dire qu’on ne gagne rien avec les veaux mâles, vu que l’insémination coûte au moins le double. » Là voilà qui se dirige vers l’entrée du bâtiment. Un ordinateur trône, à côté d’un réfrigérateur rempli de médicaments. Elle ouvre un logiciel : « C’est là que nous rentrons toutes les informations sur les vaches. Le dernier vêlage, la dernière traite, tout est automatisé maintenant. »

Les vaches ont déserté la salle de traite. Michael nettoie le tout à coups de jets d’eau. On évoque le problème des quotas de lait. « C’était la seule production vraiment bien maîtrisée, explique-t-il. Mais là, on est en train de la dérégler. En gros, vous faites 1 % de lait en plus, le prix du lait perd 7 %. Mais tout ça c’est de la manipulation des autorités. L’an dernier, on a fait des compromis pensant que ça irait mieux. C’est encore pire cette année. Enfin… Allez, on va boire le café… »

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