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La guerre des deux beffrois

Petit théâtre de Martine Aubry | Région Par | 31 octobre 2007

Ce qui se passe au CESR (conseil régional économique et social) est typique de ce que l’on a appelé il y a bientôt quarante ans, la guerre des deux beffrois. Entendez celui de la chambre de commerce et celui de l’hôtel de ville. Manière de désigner la droite et la gauche. A l’époque -au début des années 70- Augustin Laurent, le vieux leader socialiste, ancien ministre SFIO à la Libération, affrontait F-X Ortoli, soutenu par les milieux économiques et consulaires. L’antagonisme s’exprimait dans la vie de tous les jours par une confrontation entre les syndicats de salariés et le patronat, tous deux dépositaires – et nourris surtout- de l’épisode du Front Populaire.
On croyait la guéguerre éteinte. A tout le moins enterrée. C’est l’un des apports des années Mauroy que d’avoir aplani les angles et restauré un début de dialogue entre la « classe patronale » prise dans son expression la plus large (compagnies consulaires, MEDEF, syndicats professionnels, bourgeoisies possédantes) et la classe politique. Il a fallu du temps pour obtenir cette petite avancée, et il reste beaucoup à faire avant d’envisager une authentique social-démocratie à la nordiste. Mais non ! Pour la bataille qui sévit à la tête du CESR on assiste à une empoignade paradoxale. Frédéric Motte, « le candidat des patrons » prétend briguer la présidence contre Jean-Marie Toulisse, celui des salariés. Un chef d’entreprise « moderne » contre un syndicaliste « raisonnable ». Et les arguments empruntent à la vieille quincaillerie gauche-droite et illustrent la division du monde du travail. Il est vrai que le CESR est l’objet d’une lutte ancestrale : à droite depuis plusieurs mandats, une anomalie sur cette terre de gauche, que ce soit pour le conserver ou le conquérir, on se bat pour le symbole plus que pour un programme. Bizarre… en ce moment, notre vie politique est à fronts renversés. Les assemblées qui devraient être politiques et empreintes d’idéologies parce que tributaires de l’opinion sont finalement les plus calmes dans leurs débats (la plupart des communes, le conseil régional, le conseil général du Nord, moins celui du Pas-de-Calais). C’est au CESR, assemblée consultative dont les membres sont nommés, cénacle socio-professionnel plus technique que politique, que le clivage gauche-droite est le plus brutal !

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