Macadam à la noix
Quand on vous dit que le vert s’accommode à toutes les sauces. Qu’on n’en finit plus de conjuguer tout (et n’importe quoi) avec le sacro-saint développement durable. Dernière trouvaille en date, la route durable. Oui, ça existe. Et même que la première route certifiée du genre – parce qu’en plus, il existe une certification “ route durable ” tout ce qu’il y a de plus officiel – se trouve justement sous nos latitudes septentrionales.
Question c… : c’est quoi une route durable ? Une route avec du gazon plutôt que du macadam ? Et pourquoi pas des petits animaux qui gambadent de part et d’autre et des passages cloutés pour hérissons tant qu’on y est ? Réponse avec le contournement du village de Cantin (Douai), la première route à bénéficier du certificat « route durable » : quelque 3,4 kilomètres de chaussée, 2×2 voies, trois giratoires, deux ponts. Vous voyez pas le durable dans tout ce bitume et ce béton ? Normal, faut creuser. Pour justifier de cette flatteuse appellation, on évoquera en vrac le système d’évacuation des eaux, l’intégration de la route au paysage ou la place accordée aux circulations douces… (Voir le détail sur le site du Conseil général du Nord) Bel effort, mais de là assimiler une route à du développement durable, les hérissons risquent de trouver le qualificatif un peu culotté… Et puis de toute façon, y’a pas plus durable que le macadam : dans plusieurs siècles, et alors que les autres constructions humaines auront souvent disparu, les routes seront toujours là, épargnées par l’érosion. Durables ou non.
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