Manifs sur les retraites : retour sur les cinq premiers actes
Déjà la sixième grosse journée de mobilisation ce mardi depuis début septembre… Sujet : les retraites bien sûr. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que depuis la rentrée et la première manif’ de la rentrée, le sujet rythme les médias et notre quotidien. Retour sur ces cinq journées de mobilisation et sur leur évolution à travers les papiers du principal canard régional, La Voix du Nord.
Mardi 7 septembre : vive la rentrée !
Légende photo dans le papier qui fait le tour des manifs: « A Valenciennes, le cortège a réuni environ 5 000 personnes et au moins un chien ». C’est la rentrée, c’est la manif, du coup, on se fait un petit calembour avant de résumer les perturbations de la veille : opération escargot sur l’A16, 400 manifestants à Armentières, dix fois plus à Arras, 7 000 à Boulogne, tandis qu’à Saint-Venant, la CGT recouvre la mairie UMP d’autocollants. « Une insulte à la République » selon le député-maire Flajolet. Bref, dans toute la région, cela donne 75 000 personnes et un titre pour La Voix du Nord : « Retraites : la manifestation va crescendo ». Où l’on apprend que c’est la plus grosse mobilisation depuis janvier 2009 et le pouvoir d’achat. La secrétaire régionale de la CGT déclare même : « Je ne vois pas comment un gouvernement peut être sourd alors que son projet de réforme a été légitimement battu ». Elle va voir. Pendant ce temps, un manifestant avoue qu’il fait grève pour deux parce que sa femme est dans le privé. T’inquiètes, les manifs le samedi sont dans les tuyaux. Pour retrouver les articles : ici et là.
Jeudi 23 septembre : fléchissement, mais les retraités sont de sortie
« Métro, boulot, caveau. » Le slogan avait déjà marqué l’auteur du papier de la précédente manif, du coup, on le réutilise pour la manif du 23 (si vous en voulez une collection, observez les photos ci-contre). Quoi de neuf sur le pavé à part les panneaux ? Un fléchissement, messieurs-dames. Moins de manifestants à Lille (11 500 selon la police, 27 000 selon les syndicats), plus dans les autres villes de la région. Ce qui donne à peu près 72 000 grévistes (selon les syndicats bien évidemment). Mouvement qui fléchit donc, mais pour les manifestants, ça va continuer : « On est sur une mobilisation qui s’enracine. » Questions racines, d’ailleurs, La Voix remarque dans le cortège beaucoup de têtes blanches. Ciel, les retraités ont quitté leur club de belote du jeudi pour venir manifester ! Faut dire que de toutes façons, c’était dur de s’y rendre : niveau transports, c’était déjà mort. Pour retrouver les articles : ici et là.
Samedi 2 octobre : le soutien populaire avec des sacs de shopping…
Le week-end, l’occasion de réunir les générations sur le pavé. Mais à Bruay-la-Buissière, les jeunes n’ont pas l’air de vouloir être de sortie. Analyse d’un politique local : « Les jeunes et les étudiants doivent faire face à plein d’emmerdements. Ils doivent trouver à se loger, chercher un job, ils ne se rendent pas compte des conséquences à terme de cette réforme. » Chez d’autres, on manifeste discret : celle-ci a bientôt une inspection bientôt, l’autre vient d’être embauché, du coup, pas de photo en Une, s’il vous plaît. Niveau régional, on titre sur les « prolongations » avec 55 000 personnes selon les syndicats. Soit 17 000 de moins que le jeudi, mais c’est pas grave, c’est juste une question d’analyse : les syndicats « ont élargi le soutien populaire ». Avec moins de banderoles, observe le journaliste (syndicalistes en week-end ?), mais avec plus de sacs de shopping. On perd pas le nord. Pour retrouver les articles : ici et là.
Mardi 12 octobre : la retraite à 65 ans, ça rajeunit !
97 700 manifestants dans toute la région selon les syndicats (43 800 selon la police), on bat des records pour cette quatrième journée. Et même quand Lille s’essoufle et fait moins bien, ce sont les autres villes qui prennent le pas (Boulogne, Calais, Valenciennes). Une journée qui n’a pas ressemblé aux autres car de petits nouveaux ont décidé de se mêler aux mouvements : les lycéens. Et un syndicaliste étudiant confirme la théorie politique du Bruaysis : avant, ils étaient occupés à régler leurs bourses et leurs logements, du coup, les jeunes n’avaient pas le temps de penser aux retraites. Un tel afflux de jeunesse, ça regonfle le moral. Les opérations escargots parsèment la région et les jours suivants, les lycéens continueront de crier leur colère dans les rues, même si certains n’ont pas bien compris pourquoi (c’est le petit jeu des journalistes : demander aux jeunes pourquoi ils font grève…). Manifs, blocages, dégradations, la révolution se précise. Pour retrouver les articles : ici et là.
Samedi 16 octobre : le samedi fait quand même moins recette
Nouveau samedi de manif’ et une mobilisation comparable à l’autre samedi (entre 27 500 et 44 500 selon les syndicats). Mais deux fois moins que le mardi, décidément, le samedi ne fait pas les meilleures recettes. Peut-être que les nordistes sont occupés à faire le plein (la pénurie guette et des stations sont déjà à sec). Pour La Voix du Nord, l’important n’est d’ailleurs même plus la manif du jour. Jugez-en plutôt par le titre : « Les routiers entrent dans la lutte et annoncent des blocages surprises ». Opérations escargots, blocages logistiques et économiques, la mobilisation du samedi sert en fait à annoncer le bordel annoncé de cette semaine. Prochain acte ce mardi. Pour retrouver les articles : ici et là.
Photos (réalisées pendant la manif’ du 7 septembre, retrouvez le diaporama Les petits mots doux de la rentrée) : Stéphane Dubromel




