Spéciale Marronniers (1) : à Lille, comme à la plage
Le marronnier. Papier que l’on vous ressort d’année en année, surtout l’été, parce que c’est bien pratique quand il n’y a plus d’actu. En juillet et août, du coup, DailyNord a décidé de vous en proposer une petite ration. Enfin, sans aller sur le terrain, parce qu’on sait déjà quasiment tout ce qu’on va nous dire, le principe même du marronnier. Premier volet avec ces plages de villes, le tube des derniers étés. Reportage fictif sur le sable lillois pour vous raconter comment c’est bien et c’est beau…
De l’eau, du sable, des jeux, pour un peu, on se croirait presque à Bray-Dunes en bordure de mer du Nord en train de passer une journée sur l’une des plus célèbres plages nordistes. Sauf que les immeubles alentours nous rappellent qu’on n’est pas face à la mer, mais en ville. En bordure du Boulevard de Strasbourg à Lille, même. Ah, la fameuse mode des plages de villes initiée en 1996 par Saint-Quentin (Aisne) et popularisée au début des années 2000 par Paris… Même parfois à quelques dizaines de kilomètres de la vraie plage (Saint-Pol-sur-Ternoise possède sa propre plage à 60 kilomètres de la magnifique Berck-sur-Mer). Sauf que franchement, une plage au milieu du béton, on a vu mieux. Pas a priori pour ces trois gamins d’une dizaine d’années en train de piquer une tête dans l’eau : « C’est comme la vraie mer ! On s’amuse. »
Espaces aquatiques, trampolines, drague
Faut dire que pour que parents et enfants s’amusent, la municipalité lilloise a mis le paquet. Deux espaces aquatiques d’environ 700 m2, un espace détente avec les trampolines, un espace pétanque, un espace raquette, beach volley et beach soccer (là, les habitués reconnaîtront que nous sommes en train de recopier le dossier de presse de l’événement, pratique quand on n’a pas envie de se coltiner les odeurs de crèmes solaires), on s’y croirait presque sur la moquette couleur gazon. Et le monde est au rendez-vous, tout comme le temps. Marie a 17 ans et elle est venue avec ses copines à Lille Plage pour la troisième fois depuis le début des hostilités (la manifestation a commencé le 3 juillet) : « On est bien. On rigole, on bronze, on regarde les mecs. » Qui, eux, les regardent aussi comme ça tout le monde est content.
La mode des plages de villes
Et même la municipalité est ravie. Cinquième édition de la plage dans la capitale des Flandres pour un budget estimé peu ou prou à 350 000 euros. Soit 7 euros par visiteur, vu qu’en moyenne, ce sont environ 50 000 vacanciers d’un jour qui fréquentent la plage en ville de début juillet à fin août, certains étant même refusés pour cause de trop grande affluence (1 500 personnes de jauge maximale). Des chiffres qui séduisent aussi les autres municipalités de la région : à Estaires, dans le sud de la Flandre, on a eu aussi Estaires Beach, tout comme Lambersart, Avion ou Maubeuge ont leurs propres espaces bronzette en ville. Et bien entendu, Tourcoing, la pionnière de ce nouveau genre d’activités, dans le Nord. Concurrence des plages ? « Comme ça on change de décor, sourit ce jeune papa qui va aussi de temps à temps à Tourcoing. Et on n’a même pas besoin de se taper les bouchons jusqu’à Dunkerque. » Il pourrait même ajouter que c’est écolo (comme on ne prend pas la voiture) et que ça renforce le lien social (en empêchant la jeunesse d’errer dans les rues, desoeuvrée), ça rendrait encore plus parfait le tableau.



