Le conflit Total en cinq lettres
Total qui ferme, Total qui est en grève, Total qui propose un projet de reconversion, Total qui redémarre, vous n’avez rien compris aux derniers mois qui viennent de s’écouler aux alentours de la Raffinerie des Flandres dans le Dunkerquois. Heureusement, DailyNord, compréhensif, est là. Et vous offre en ce mois de juillet un Total pour les Nuls en cinq temps. Histoire de pouvoir comprendre ce qu’il s’est passé depuis dix mois. C’est cadeau.
T… comme Tremblements
Septembre 2009. Le coup de tonnerre dans le Dunkerquois et les premiers tremblements pour les 380 salariés du coin.. La direction de Total annonce la suspension de la production à la Raffinerie des Flandres à Total-Mardyck. Motif : marché déprimé, trop de stocks, etc. Promesse de la direction : les emplois ne sont pas menacés, tout comme les sous-traitants, la fermeture du site n’est pas à l’ordre du jour. Mais elle servira à préparer un arrêt plus conséquent en mars, période durant laquelle une grande opération de maintenance est prévue pour la raffinerie afin de la moderniser. Ça sent déjà le coup fourré.
O… comme Opposition syndicale
Décembre. L’arrêt conjoncturel d’un mois s’est prolongé jusqu’à la fin de l’année. Et on apprend alors l’une des solutions envisagées par Total : fermer purement et simplement la raffinerie dunkerquoise d’ici mars. On en saura plus d’ici quelques semaines. En janvier, furax, les salariés décident de se mettre en ordre de marche. Grève illimitée (tout en maintenant la sécurité du site quelque peu dangereux) et qui touchera même pendant une semaine l’Hexagone en février, inquiétant le sacro-saint automobiliste qui a besoin d’essence. Le coup fourré se précise.
T… comme Terminal Méthanier
8 mars. Pas besoin d’être sorti de Saint-Cyr pour comprendre ce qui allait se passer. Total confirme la fermeture de l’usine de Dunkerque. Ouf, les salariés sont sauvés, il va y avoir des mesures pour eux. Pour les sous-traitants, en revanche, on s’en tape. Colère des salariés toujours en grève, le ministre de l’Industrie Estrosi nous refait le coup de l’enfumage collectif, déjà évoqué en janvier (retrouvez notre Texto) : Total va participer à la création d’un terminal méthanier avec des emplois à la clé. Trop cool : le projet était déjà dans les cartons bien avant toutes ces annonces. Le coup fourré est de plus en plus beau.
A... comme Annales
Mars, avril, mai, juin, les salariés font toujours la gueule et le font savoir (retrouvez notre reportage photos). Le 30 juin, ils entrent dans les annales judiciaires. Ils avaient poursuivi leur direction pour délit d’entrave au fonctionnement du Comité Central d’Entreprise, la Cour d’appel de Douai ordonne le redémarrage du site Dunkerquois sinon… Sinon quoi ? 100 000 euros d’astreinte par jour pour Total à partir du 16 juillet. Le coup fourré change de camp.
L… comme Lâches
Aucun sens de l’honneur, les dirigeants de Total. Alors qu’on se demandait comment ils allaient contrer l’affaire, ils envisagent de redémarrer la raffinerie… Information confirmée avec des opérations de dégazage. Du coup, la grève est finie et les salariés ont repris le chemin du boulot avant une hypothétique reprise de l’activité de production. Banco pour les salariés ? Pas exactement, Total a déposé un recours contre celui gagné par les salariés. Et de toute façon, peu de chances que la direction ait changé d’avis entre temps concernant la fermeture. Coup fourré dès le départ, on vous l’a dit.
Photo : Stéphane Dubromel.



