Ribérymania : dialogues face au mur de Boulogne-sur-Mer
DailyNord n’a pas de chance. Son envoyé spécial est toujours bloqué en Tanzanie, loin de la Coupe du Monde et du funeste France-Mexique d’hier soir. Du coup, mission de service public oblige, on a dû recontacter Le Fan. Ça tombe bien, il venait de se taper la discut’ avec Ribéry. Enfin, son portrait géant à Boulogne-sur-Mer ; lequel parle plus volontiers à la presse.
Le Fan (ému) : Franckkyyyy, tu peux pas savoir comme ça me fait plaisir de te voir…
Franck : « Mais si, je peux savoir. Je suis habitué. Je comprends qu’on puisse être impressionné par le fait de discuter avec moi. C’est tout à fait normal. Et c’est une marque de respect, c’est bien. »
Le Fan (se balançant d’une jambe à l’autre) : C’est génial quand même de discuter avec toi à Boulogne-sur-Mer… Pourtant, ton portrait l’a échappé belle, Percheron n’en voulait pas…
Franck : « Qui ça ? »
Le Fan (perplexe) : Percheron, le président de la Région…
Franck : « (Rires)… Percheron… (Re-rires) La Région, c’est pas Nike. (Se reprenant soudainement) Après faut voir, faut discuter. S’il veut son logo quelque part sur mon portrait, j’peux lui filer le numéro de mon agent. Mais attention, j’suis pas donné, faut casquer. »
Le Fan (consultant fiévreusement et nerveusement ses notes) : On peut parler un peu de la France et de la Coupe du Monde ?
Franck : « Je préfère qu’on parle de moi, mais vas-y mon gars. »
Le Fan (prenant son courage à deux mains) : Bah justement, la presse elle est pas trop tendre avec toi depuis quelque temps. D’ailleurs, tu ne veux plus lui parler…
Franck : « Attention, à ce que tu vas faire allusion mon gars… Quant à parler à la presse, c’est les autres et le coach qui me l’ont dit. Sans doute parce que je leur fais de l’ombre. Mais bon, sur l’histoire-dont-je-vois-que-tu-veux-revenir-dessus, j’ai tout dit. Mon avocat il a balancé plein de communiqués : forcément, c’est pas aussi bien dit que si c’est moi qui avait parlé… »
Le Fan (les yeux dans le Bleu) : On revient sur la Coupe du Monde. Dis moi, comment ça se passe en Afrique du Sud ?
Franck: « L’hôtel est sympa, les piaules un peu austères, mais on a la télé et le câble. Ce qui est bête, c’est qu’on n’a pas trop de quartier libre. C’est dommage parce que Sydney (Govou), il m’a dit qu’il connaissait un bar vachement sympa… «
Le Fan (regard fouineur) : Et comment tu passes le temps entre les matchs, en dehors des entraînements ?
Franck : « J’ai emmené ma PS3, et Fifa soccer…. Hier, j’ai battu l’Argentine, le Brésil, l’Allemagne, tout seul, dans la même journée. Dommage qu’on peut pas faire jouer Ribéry contre Ribéry. Ça, c’est un match qui aurait de la gueule… »
Le Fan (reprenant ses esprits) : Justement, le foot. Hier, vous avez perdu contre le Mexique, vous êtes quasiment éliminés. La presse se déchaîne…
Franck : « La presse, je m’en fous. Enfin, non, maintenant je m’en fous. Parce qu’en 2006, elle m’a bien servi quand j’arrivais dans le groupe. Maintenant, oui, je m’en tape. Je suis devenu un cadre, je fais ce que je veux. Et je joue où je veux. Donc, j’ai dit à Domenech que je voulais jouer au milieu pour que Florent Malouda rentre. Enfin, pas que Florent Malouda rentre, plutôt que l’autre Gourcuff sorte ! »
Le Fan (mort de rire) : Au moins, il aura pu se recoiffer sur le banc de touche !
Franck : « Ouais, bien fait pour lui. Il se prend pour qui ? Déjà, il se la pète parce qu’il est beau et que soi-disant il les fait toutes tomber. Moi aussi d’abord ! Et puis, j’ai des arguments… Et surtout, il se prend pour Zidane. Moi, je vais te dire. Zidane, il n’y en avait qu’un. Le vrai. Plus moi, le successeur. Le reste, c’est du flanc. »
Le Fan (le visage grave) : Plus sérieusement, avec votre défaite, c’est mal parti alors pour la Coupe du Monde ?
Franck : « Attention, à ce que tu dis, petit. Tout ça, ce n’est que du calcul. On voulait pas démarrer trop fort, là, on monte en puissance. Huit buts contre l’Afrique du Sud, et après on va tous les ramasser un par un. Les Argentins, les Espagnols, les Brésiliens, les Allemands. Comme pour Fifa Soccer. Et je vais te dire à la fin de la Coupe du Monde, ce n’est plus un portrait géant que j’aurais en France, mais dix ! Plus la Légion d’honneur, plus une pub pour le Big Mac, etc.
Le Fan (exalté) : Et là, tous ceux qui t’ont traîné dans la boue depuis quelques mois vont pleurer…
Franck : « Ouais. Ils se sont bien amusés avec ma petite histoire personnelle et mes soi-disant caprices de star. Là, ils me lècheront les crampons pour avoir une interview. Et moi, je les regarderais de haut, comme je te regarde d’ici. Sauf que je ne leur parlerais pas. D’ailleurs, je t’ai accordé trop de temps de parole, Nike refuse plus de six questions à la suite. Je te laisse, fan manant… »
Le précédent épisode du Fan : Ribérymania : vas-y Francky, c’est bon



