Total : une fermeture et des hommes
C’était le 8 mars. La direction de Total annonçait la fermeture de la raffinerie des Flandres, à Mardyck (Dunkerque). Pas une grosse surprise pour les quelque 380 raffineurs qui travaillent sur le site, déjà en grève depuis quelques semaines. Depuis ? Depuis pas grand chose de neuf. Des actions par ci, par là. Un piquet de grève tournant. Et l’attente. Une si longue attente. Symbolisée par le reportage photo que nous vous proposons, alors qu’une table ronde sur les conséquences de la fermeture du site se tient à Dunkerque cet après-midi. Un regard sur Total et surtout ses hommes, signé par le photographe Stéphane Dubromel.
Pour voir les photos une par une en plus grand format, direction la fin du texte…
8 mars 2010. Total annonce sans surprise la fermeture de la raffinerie des Flandres, à Mardyck, près de Dunkerque. C’est le demi-épilogue officiel d’un conflit larvé qui dure déjà depuis un moment. Depuis septembre 2009, la raffinerie est à l’arrêt. Ne voyant rien venir de la part de la direction, les 380 raffineurs se sont mis en grève mi-janvier pour en savoir un peu plus sur leur avenir qu’ils ne sentaient pas très heureux.
Ils commencent alors leur lutte pour le redémarrage de la raffinerie. Quelques actions se mettront en place. Une visite aux dirigeants à Paris-La Défense le 1er février lors d’un CCE, et Total met en suspens sa décision. Les raffineurs continuent d’occuper le terrain et manifestent toutes les semaines dans les rues de Dunkerque. Mais le souffle devient court et les effectifs de manifestants plus clairsemés. Comment organiser la lutte contre un colosse comme Total, et surtout, comment être encore motivé alors que les salariés « ne travaillent plus » depuis septembre ? La seule activité sur le site est une activité de maintenance obligatoire pour éviter les risques d’explosion. C’est une demie-grève, rythmée par les roulements d’équipes devant les grilles closes de la raffinerie où trône le quartier général des ouvriers.
Les raffineurs chassent le directeur du site et occupent les locaux de la direction le 16 février. Une action coup de poing, suivie d’un mouvement de grève de toutes les raffineries Total de France. Le spectre d’une pénurie de carburant se profile pendant une petite semaine, puis les autres sites reprennent le travail. Les Dunkerquois se retrouvent seuls. Et temporisent.
Ensuite c’est la fermeture. Pas vraiment une surprise. Les raffineurs essaient toujours de se mobiliser et attaquent Total en justice pour non-consultation des syndicats avant le grand arrêt de septembre. Les syndicats gagnent, mais le pétrolier est seulement condamné à verser des indemnités. La raffinerie reste à l’arrêt. Au milieu du jargon judiciaire, les raffineurs sont perplexes. « On a gagné, mais on a quand même perdu ».
La suite ne viendra que des raffineurs eux-mêmes. D’ici là, le barbecue et le piquet de grève ne sont pas prêts de quitter le parvis de la raffinerie.
Photos et texte d’accompagnement : Stéphane Dubromel.



