Bernard Minet n’oublie pas Hénin-Beaumont
Hénin-Beaumont à nouveau sous les feux de l’actu. Vous me direz que depuis un an, vous êtes (malheureusement) habitués à ce sitcom et à ses réguliers soubresauts. On a voulu un peu savoir ce qu’en pensait le plus illustre des Héninois. Le plus illustre ? Oui. Un artiste dont le seul nom réveille un tas de souvenirs de jeunesse. Bernard Minet, bien sûr. L’ex Musclé n’avait pas trop le temps -on s’en doute-, mais il nous a quand même répondu par mail.
A Armentières, on a érigé une statue pour Line Renaud. Du côté de Dunkerque, Dany Boon donne son nom à une salle. Et à Hénin-Beaumont ? Rien. Personne qui ne songe à donner la parole à Bernard Minet. Faut dire les choses comme elles sont, c’est une criante injustice. Et pas la première, à en croire Bernard Minet. « Figurez-vous que depuis 1987, et ce, jusqu’à nos jours, personne de la municipalité, aucun « chargé de l’animation » ou autre adjoint au maire aux festivités, aucun programmateur municipal, personne, n’a pensé à m‘engager. » Un comble lorsqu’on songe que notre ex Musclé est un pur produit du terroir. « Hénin-Liétard, ville d’amour ville de rêve (Henri Salvador, 1967). Ma ville natale, j’y ai grandi (enfin, pas trop) jusqu’à l’âge de quinze ans. » Né à Hénin en 1953, selon les biographes officiels. Mieux encore, c’est dans la région que l’ex Musclé a tout appris et qu’il a effectué ses premières scènes.
« Je dois être le seul chanteur en France qui n’ait jamais chanté dans sa ville natale. »
Le batteur se souvient : « C’est à l’harmonie municipale (magnifique à l’époque), dirigée de main de maître par Monsieur Henri Bourges, que j’ai eu la chance de commencer à apprendre ce métier de musicien qui allait devenir ma profession pendant de nombreuses années à Paris. Vous connaissez la suite… » La suite justement. Une belle carrière. Vedette de séries télévisées, cinq disques d’or, des tubes immortels (Bioman, La fête au village, Il suffit d’un ou deux excités…). Et aussi un premier prix de percussions au Conservatoire national, des années passées aux côtés d’Aznavour, de Thierry Le Luron, de Mort Shuman, de Philippe Lavil (ça vous ne le saviez pas, hein ?) … Mais apparemment, ça ne suffit pas. « Personne n’a pensé à me faire venir chanter pour les Héninois ou animer la moindre petite fête, le moindre petit spectacle, pas même un 13 juillet sur la place Carnot. Et pourtant durant toutes ces années, il y en a eu des choses de programmées, et avec de gros budgets et de grosses dépenses. Ce qui est rigolo, c’est que je dois être le seul chanteur en France qui n’ait jamais chanté dans sa ville natale. »
Est-ce que Bernard Minet continue à suivre la riche actualité héninoise ? A ce sujet, l’artiste ne désire pas trop s’étendre. Il se dit néanmoins « très triste pour tous les habitants quand (il) voit ce bilan financier déplorable ». « Je pense aussi à tous ceux que j’ai connu, à tous mes copains d’enfance et j’espère qu’ils vont bien. J’embrasse toutes les Héninoises et poignées de mains aux gars. » Le soutien d’un Musclé, ça, ça ne manque pas de poids…





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