Lire cet article" />

DailyUne | Rebrousse-poil Par | 22H59 | 12 février 2009

Un mois chrono pour trouver l’âme soeur

Réveillon 2009. Sophie, Emma, Luc, tous trois flirtant avec la trentaine, tous trois célibataires. La comparaison s’arrête là car ces trois-là n’ont rien, mais alors franchement rien à voir ensemble. Parmi les bonnes résolutions de ce début d’année, ils ont décidé de se dégotter l’âme soeur pour la Saint-Valentin. Le mode opératoire ? Meetic, Match, Se rencontrer, Easyflirt et autres sites de rencontres  aux témoignages très contrastés. Entre la déception des uns qui jurent qu’on ne les y reprendra plus et les louanges des autres, bien heureux d’avoir rencontré leur moitié sur le net, nos trois amis ont choisi de laisser leurs préjugés de côté. Et d’essayer, tout simplement.

On fait les présentations ?

Sitôt les bulles du réveillon dissipées, Luc, Emma et Sophie

se sont inscrits sur différents sites. Chacun avec ses atouts. Sophie est belle (doux euphémisme), mais pour tout dire, elle manque singulièrement de conversation (un autre doux euphémisme). D’ailleurs, on le ressent dès son message d’accueil : elle a même fait de grossières fôtes d’orthographe dans sa présentation ! Qu’importe, Sophie (« mes ami m’apelent Sophia ») compte sur son joli minois. Emma (en référence à l’héroïne de Flaubert) est plus réfléchie, moins godiche. Forcément, elle ne jouit pas de la même plastique et n’a mis aucune photo en ligne : le physique n’est pas primordial à ses yeux. Quant à Luc, lui, il n’a peur de rien.  1,88 m, 76 kg, yeux marrons, cheveux noirs, il met en avant ses atouts : un physique athlétique, un niveau d’études élevé, un salaire frôlant les 70 000 euros par an, des goûts éclectiques (sport, ciné, mode, lecture, déco), forcément, il va toutes les faire craquer.

Intellect ou plastique ?

A la veille de la Saint-Valentin, nos trois amis se retrouvent pour faire le point sur leurs recherches respectives. Contre toute attente, la jolie Sophie n’a pas rencontré le succès escompté… du moins au début. Au bout de 24h, elle avait récolté deux malheureux mails et un seul flash. De son côté, la boîte de l’austère Emma croulait déjà sous les mails : 10 mails et 13 flashs dans le même temps ! Oups, Sophia avait oublié de mettre sa photo (c’est compliqué ces trucs-là) ! Une fois le minois en ligne, le rapport de forces s’inverse aussitôt. Bilan des opérations au bout d’un mois : une soixantaine de mails pour Emma contre des centaines et des centaines pour Sophie. Pas de surprise, Barbie fait toujours autant recette. Plus surprenant, la spirituelle Emma s’en sort plus qu’honorablement : même ses goûts pour l’opéra et le cinéma bulgare ne font pas fuir les hommes.

Autre enseignement rapide, la nature des mails. Tous n’ont pas la même valeur. Avec Sophie, on reste toujours dans la brève. En général, monsieur se dépêche de refiler illico presto son mail pour vite faire connaissance sur MSN. Avec Emma, la gente masculine semble prendre davantage de gants. Si elle reçoit aussi bon nombre d’invitations à « faire plus ample connaissance sur MSN », elle suscite également des mails plus volumineux et pavés d’intentions fort louables (trop louables ?). Résultat des courses, dans la quantité, Sophie l’emporte haut la main ; mais pour ce qui est de la qualité, Emma paraît mieux placée.

Une question de bourse

De son côté, Luc a connu un démarrage un peu plus poussif. Malgré ses hauts revenus, il a décidé qu’il ne donnerait pas un sou, mais alors pas un sou à des sites de rencontres. Forcément, notre beau gosse a été déçu. Dans le monde des rencontres en ligne, si tu es un homme, tu as intérêt à mettre la main au porte-monnaie. Sinon, tu t’exposes à une véritable torture morale : une vingtaine de mails (de la part de quatre sites de rencontres) lui ont été envoyés. Lui disant en substance que « machine » ou « machine » avait flashé sur lui ou lui avait envoyé un message. Sauf que quand il cliquait, au mieux, il voyait l’entête du message (« Salut, ça va ?», « Moi, c’est Krissy », etc) ; au pire, directement le petit icône CB lui disant de payer pour consulter le profil de son peut-être futur grand amour…

Meetic en quelques chiffres

Créé en 2001, le groupe côté en bourse depuis 2005 compte plus de 577 000 abonnés (membres qui ont payé leur inscription) pour 28 millions de profils dans 18 pays. Meetic reste le leader (30% de parts de marché) devant Easyflirt et Match. Viennent ensuite les challengers Be2, AGL, Amoureux, Une Rencontre, Meexup… L’âge moyen des inscrits tourne aux alentours de 30-35 ans.

Le profil des inscrits hétéros de la région

Quelque 240 hommes et 293 femmes ont plus de 70 ans.
260 hommes mariés avec des enfants sont inscrits, mais, bizarrement, aucun n’a jugé bon de mettre sa photo. D’après le moteur de recherche du site, plus de 1 000 femmes seraient dans la même situation ! Plus franches, 108 d’entre-elles ont cependant joint leur photo…
On recense quasiment autant d’hommes médecins (428) que de serveurs (493) ; autant d’acteurs (332) que de policiers (345) ou agriculteurs (394). La région compte aussi un nombre insoupçonné d’hommes architectes (202) ou d’avocats (226) ! Du côté des femmes, les chiffres paraissent eux un peu plus raisonnables, bien que… : 150 médecins, 153 acteurs, 59 agriculteurs, 67 architectes, 158 avocats…
Plus de 1 000 hommes pensent être un vrai canon, mais seulement 316 ont joint une photo. Autant d’autosatisfaction chez les femmes, mais là, elles ne sont que 162 à avoir décidé d’afficher leur bobine.
Enfin, un peu plus de 200 hommes affectionnent la couture et le tricot en guise de hobby. 78 femmes aiment les films de guerre et 106 ont inscrit l’auto dans leurs préférences.
Moralité, Meetic demeure le moyen le plus sûr de trouver la perle rare : une femme pas du tout romantique, conciliante, aimant les films de guerre, éprouvant une passion pour l’auto et le foot…

C’est clair, pécuniairement parlant, mieux vaut être une fille. Sans hésitation. Même si Meetic, le leader français, a changé ses règles (les filles payent maintenant !), d’autres sites demeurent gratuits pour la gent féminine. Naturellement, moche ou canon, spirituelle ou superficielle, peu importe. Emma ou Sophie n’ont que l’embarras du choix. Pas besoin d’amorcer, il suffit de faire son marché parmi les plus ou moins nombreuses candidatures spontanées. Sur le net, rien ne change, les garçons font le premier pas et les femmes se font draguer. Et lorsque Emma ou Sophie ont le malheur de répondre à l’un de leurs nombreux prétendants, le taux de réponse est un quasi sans-faute.

Slaves de l’amour

Après deux semaines de recherche active, Luc a finalement trouvé l’organisme de rencontre entièrement gratuit. Comme c’est génial, il ne vous dira pas lequel. Parce que là-dessus, notre Luc en a fait des conquêtes en une quinzaine de jours : Anzhela, Mariya, Olga, Irina, que des prénoms finissant par “a” et habitant à quelques milliers de kilomètres de là, en Russie. Et pas une seule fille du Nord-Pas-de-Calais. Vu la nature des mails, Luc a décidé de persévérer un peu. De répondre aux filles de l’Est. Bizarrement, à chaque fois, la même histoire se répète :  une ville modeste de la patrie de Poutine, un travail pas cher payé, un appartement partagé avec les parents, des ex violents et/ou alcooliques (« Les hommes russes sont grossiers et malpolis », lui a affirmé l’une de ses conquêtes) et, enfin, la recherche d’un homme qui saurait les comprendre et leur apporter la douceur qu’elles méritent. Le tout à travers d’interminables mails agrémentés de photos, comment dire, très aguicheuses… Et petit à petit, au fil des échanges (cinq tout au plus avec chaque fille), l’évocation d’une future rencontre : « Je pense que dans l’avenir, je pourrais venir chez vous. »
Résultat, tandis que les filles ne savent plus où donner du chef parmi leurs nombreux postulants, Luc a de grandes chances de trouver l’amour. Peut-être pas pour la Saint-Valentin, mais un peu plus tard. Il faudra juste certainement qu’il sorte sa carte bancaire quand son grand amour – ou robot d’agence de rencontre peu scrupuleuse au choix – voudra le rejoindre…

Un peu plus de DailyNord ?

1 Commentaire

  1. Bonjour,

    Très bon article qui reste toujours d’actualité, même si les réseaux sociaux et la mode des sites gratuits est entre temps venue légèrement freiner l’explosion des sites de rencontres.

Réagir à cet article

La rédaction de DailyNord modère tous les commentaires, ce qui explique qu'ils n'apparaissent pas immédiatement (le délai peut être de quelques heures). Pour qu'un commentaire soit validé, nous vous rappelons qu'il doit être en corrélation avec le sujet, constructif et respectueux vis-à-vis des journalistes comme des précédents commentateurs. Tout commentaire qui ne respecterait pas ce cadre ne sera pas publié. Evidemment, DailyNord ne publiera aucun contenu illicite. N'hésitez pas à avertir la rédaction à info(at)dailynord.fr (remplacer le "at" par "@") si vous jugiez un propos ou contenu illicite, diffamatoire, injurieux, xénophobe, etc.

Les articles de DailyNord les...

Bienvenue dans la ville la plus étrange des Hauts-de-France

L'une des avenues de la zone moderne. Photo : DailyNord

Elle pourrait loger 5 000 personnes, mais cette ville n'aura jamais d'habitants. Découvrez pourquoi.

media-contact

Les vraies raisons de la baisse de fréquentation du Louvre-Lens

louvre-lens-1

Baisse de fréquentation, impacts économiques limités sur le Lensois, DailyNord a enquêté sur le Louvre-Lens. Une enquête en trois volets à consommer sans modération.

lacompagniecrayonne

Comment le Conseil régional compte affaiblir les associations écologistes

Californie avril-mai 2016

Baisse de subventions ou coupures sans préavis, DailyNord révèle comment le Conseil régional des Hauts-de-France a l'intention d'affaiblir les associations qui gravitent autour de l'écologie et de l'environnement. Retrouvez notre enquête.

newsletter-abonnement

Pour ne plus jamais louper un excellent article de DailyNord

L’unique et le seul dictionnaire officiel du Nord – Pas-de-Calais

La madouille (et non la magouille) entre officiellement dans notre petit dico décalé du Nord-Pas-de-Calais. Crédit photo Dailynord.

Retrouvez toutes les définitions du Petit dico décalé du Nord - Pas-de-Calais

Les livres avec Eulalie

Logo CRLL

Mais qu’est-ce que vous êtes en train de lire ?

dailynord-min2

>>> Découvrez le DailyProjet

Partenaire

safetex